Particulièrement encadrées par le législateur, la mise en place de surfaces commerciales a fait l’objet de nombreux textes, comme, par exemple, la loi Royer, en 1973, ou encore la loi Raffarin, en 1996, afin de mettre en place une protection efficace pour les petits commerçants et les consommateurs et à harmoniser le développement urbain. Revêtant un aspect économique essentiel, le développement des activités commerciales fait, en effet, l’objet de nombreuses études, de la part notamment de la Fédération du Commerce Spécialisé en France et en Europe, plus connue sous le nom de PROCOS, qui publie, chaque année, une étude relative à l’expansion des surfaces commerciales.
C’est donc dans ce cadre-là que cette association a publié, le 26 janvier 2011, son rapport sur la production de surfaces commerciales pour l’année 2010, laissant apparaître une progression record de quelques 4,1 million de mètres carrés, permettant ainsi d’améliorer le résultat de l’année 2009, qui avait lui-même atteint un chiffre exceptionnel avec l’apparition de pas moins de 4 millions de mètres carrés. Cette enquête vient aussi confirmer les bonnes perspectives d’évolution pour les années futures, puisque les promoteurs auraient déjà prévu la réalisation de quelques 7,5 millions de mètres carrés supplémentaires pour les cinq années à venir, 42 % de celles-ci ayant même d’ores et déjà obtenu les autorisations nécessaires à leur réalisation, venant ainsi concrétiser les 582 projets recensés par l’Observatoire des Projets d’Ensembles Commerciaux.
Une étude plus approfondie de l’ensemble de ces chiffres révèle aussi que la principale zone d’extension reste la périphérie des villes, puisque plus de 87 % des projets, représentant environ 5,9 millions de mètres carrés, concernent actuellement des emplacements situés aux abords des agglomérations. Celle-ci montre également un certain recul des centres commerciaux, dont les projets ne représentent que 29 % des futures surfaces à mettre en place, les parcs d’activités commerciales représentant aujourd’hui la majorité des projets, avec plus de 3,8 millions de mètres carrés, soit 51 % de la superficie totale des plans, les projets de centres commerciaux situés au cœur des agglomérations ne représentant qu’un peu plus que 11 % des futures réalisations.
Si de tels résultats peuvent sembler particulièrement encourageants, il convient de souligner que cette progression se produit alors que l’économie traverse une période de crise, marquée notamment par la forte diminution du pouvoir d’achat des Français, faisant ainsi apparaître un risque de rentabilité moindre pour les commerces déjà existants, du fait de la baisse de fréquentation et de la perte de valeur pour l’ensemble des réalisations, augmentant ainsi le danger de voir croître le nombre de zones commerciales délaissées.
Accompagné par la forte montée des loyers commerciaux, généralement fixés sur l’indice du coût de la construction, ce mouvement pourrait ainsi entraîner l’apparition de nombreuses friches commerciales sur le territoire des communes, causant alors un certain nombre de nouveaux problèmes pour celles-ci. C’est donc la raison pour laquelle, l’ensemble des collectivités locales doivent porter une attention toute particulière à la mise en place de nouveaux projets sur leur territoire, ceux-ci pouvant se révéler être inadaptés aux conditions économiques actuelles et créer des difficultés pour un certain nombre d’acteurs du secteur économique déjà en place.

