Le groupe toulousain Pacfa, spécialiste de l’immobilier d’entreprises, démarre, dans l’Aude, la construction d’un centre commercial à Castelnaudary. Ce chantier de 22.000 m2 est la traduction concrète de sa stratégie de diversification pour échapper aux effets de la crise dans l’immobilier de bureaux. Signé avec la société Soderip, filiale du groupe Casino, le contrat, d’un montant de 19 millions d’euros, devrait permettre à Pacfa de réaliser 30 M€ de CA en 2011.
Le projet de construction attribué à la société Pacfa consiste à édifier un supermarché de plus de 5 000 m² assorti d’une galerie marchande de 23 boutiques et de deux retail park pouvant respectivement accueillir 10 et 3 enseignes. En dehors de la Haute-Garonne, c’est le premier projet de ce genre que réalise la société fondée et dirigée par Patrick Lafforgue. Il estime que l’extension de son champ d’activité est commandée par l’adaptation nécessaire aux fluctuations du marché :
« Notre cœur de métier, c’est les bureaux, comme ceux construits pour Motorola à Basso-Cambo, rappelle-t-il. Ayant vu arriver la crise sous-jacente dans ce secteur, j’ai pris la décision d’engager un processus de diversification dans quelques produits parallèles comme les lotissements, l’habitat et l’immobilier commercial. »
Parce que les commandes dans l’immobilier d’entreprise et le logement accusaient un ralenti, Pacfa est devenu maître d’ouvrage d’un immense chantier de 30.000 m2 pour la réalisation d’un Décathlon, Conforama et Truffaut dans la zone du Perget à Colomiers.
Ce « repositionnement » dans les constructions de bâtiments commerciaux lui a ouvert non seulement le marché de Castelnaudary, mais également d’autres chantiers de Midi-Pyrénées, en particulier près de Cahors, et dans le Grand Sud, du Languedoc-Roussillon à l’Aquitaine, avec un chantier à Mimizan.
Si la diversification de Pacfa, est une stratégie de développement couronnée de succès, le président fondateur ne délaisse pas son métier initial : « Viscéralement, mon cœur de métier, c’est l’immobilier d’entreprise. Si j’ai freiné la mise en chantier, ce n’est que temporaire. Il faut savoir s’adapter et être un peu visionnaire. On relancera des opérations de bureaux quand le marché repartira. J’ai conservé une foncière qui me permet de garder du bâtiment en patrimoine, confie-t-il. Elle représente, du reste, 1,2 à 1,3 millions d’euros de loyer par an. »
Grâce à ses réserves foncières Patrick Lafforgue ne craint pas l’avenir et pronostique à 2 ans le renouveau de l’immobilier d’entreprise pour lequel il se tient prêt.
Pour le moment, le chantier de Castelnaudary élèvera le chiffre d’affaires 2011 à 30 millions d’euros, ce qui marquera une nette progression comparativement à l’exercice 2010 grevé par l’attente d’opérations de bureaux. Tandis que les chiffres d’affaire du groupe sont en moyenne de 20 millions par an, 2010 ne devrait pas dépasser 12 millions.
Pour un investissement de 19 millions d’euros, ce marché permettra au groupe de tripler son chiffre d’affaire. Au final, le centre commercial de Castelnaudary sera livré dans l’été 2011 et ouvrira ses portes en septembre.

